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Présentation du livre “Disposer de la nature” le jeudi 12/11/09 à Lyon (Librairie “A plus d’un titre”)

Le jeudi 12 novembre à 18h00, j’organise une soirée de présentation de
l’ouvrage “Disposer de la nature“, à Lyon, à la librairie “A plus d’un titre” (4 Quai de la
Pêcherie, 69001 Lyon), en dialogue avec André Micoud (sociologue, directeur de recherche au CNRS, spécialiste des questions d’environnement et de patrimoine naturel).

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Disposer de la nature : enjeux environnementaux en Patagonie argentine

En accompagnement du livre Disposer de la nature, édité dans la collection Sociologies et environnement des éditions L’Harmattan, voici une série de photographies en couleurs dont une sélection a été reproduite en noir et blanc dans l’ouvrage. Pour y accéder, cliquez simplement sur les trois liens indiqués en orange sous l’image du livre. Bonne visite !

Disposer de la nature : première de couve

Galerie des photos de Puerto Piramides et de la Penisula Valdés.

Galerie des photos de biologistes travaillant sur les goélands.

Galerie des photos de biologistes travaillant sur les pingouins.

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Ethnographie des relations entre l’homme et la nature en Patagonie argentine

De juin 2008 à février 2009, j’ai réalisé un travail de terrain ethnographique en Patagonie Argentine, dans la Península Valdés. Ce travail, qui portait sur une problématique environnementale, économique et sociale autour des baleines franches australes, est maintenant terminé. J’en ai profité pour revoir mes potes les éléphants de mer et photographier la faune locale, très riche.

Coucou !

De ce travail, j’ai tiré un manuscrit qui a trouvé un éditeur (L’Harmattan) dans la collection “Sociologies et environnement” dirigée par Salvador Juan. Le livre devrait sortir en librairie à partir de septembre 2009.

Voici une présentation de ce futur livre dont le titre sera “Disposer de la nature” :

Aujourd’hui, la nature est gérée : travaillée, politiquement administrée, et soumise à l’évaluation scientifique. C’est pourtant dans ce contexte que nous nous apprêtons à affronter des problèmes environnementaux inédits et très préoccupants.

Ce livre explore cette contradiction à partir d’un travail ethnographique réalisé dans un parc naturel en Patagonie argentine, classé au patrimoine mondial de l’Unesco : la Península Valdés. Il reprend les questions de la philosophie critique dans le cadre d’une approche empirique attentive à la nature, aux gens, aux territoires, et aux significations de l’action. Ses trois axes d’analyse sont le travail, les sciences et le débat politique participatif qui fournissent les éléments d’une analyse de la tension entre développement et conservation. Il décrit certaines caractéristiques « modernes » de la relation entre l’homme et la nature, les représentations sociales qui s’y articulent et montre que la nature n’est pas seulement l’arrière plan neutre sur lequel se projetteraient les actions humaines : elle impose également sa dynamique aux organisations humaines.

L’écriture de ce livre se présente sous la forme hybride d’un essai, entre travail sociologique, récit de voyage et documentaire photographique. On y rencontrera des baleines attaquées par des goélands, les personnages d’un village touristique d’une centaine d’habitants perdu dans une presqu’île désertique, des entreprises de tourisme confrontées à la division du travail, des capitaines qui ont de l’empathie pour les baleines, des biologistes bricoleurs, des photographes animaliers, des ONG, et des paysages exceptionnels. Ce livre intéressera les lecteurs désireux de comprendre les médiations et les dispositifs qui organisent nos relations à la nature. Il concernera aussi tous ceux qui ne se résignent pas à voir la nature pensée comme une simple ressource dont l’homme pourrait disposer à sa guise.

J’ai mis en ligne ici même les photographies tirées de ce long séjour en Argentine. Cela complètera les photographies qui seront publiées dans le livre, en noir et blanc seulement et en nombre limité pour des raisons de coût.

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La photo que je ne prendrai pas (Buenos Aires, 2005)

Juillet 2005, quartier de la Recoletta. extrait de mon carnet de voyage :

Je suis dans une parrilla quelconque de la Recoletta. Un vieux finit son repas au fond du restaurant, à côté de la fenêtre qui donne sur la rue. A ma gauche, un type bloque depuis une demi-heure sur un palm dernier cri : sans doute un riche porteño, ou alors un touriste. Ici, ce genre d’engin doit coûter plusieurs mois du salaire d’un ouvrier. En arrière plan, une publicité pour une marque de champagne local. Mur de briques, rouge, brun et noir. En un clin d’oeil, je vois le genre de photographie que je pourrais prendre, du genre de celles qui expriment la solitude d’un personnage et le contraste entre la vie contemporaine et une certaine idée d’un passé figé dans la nostalgie : le vieux du fond a le profil de Perón, un de ces profils à porter le costume et à avoir eu les cheveux gominés dans les années cinquante. En une seconde, je comprends que je ne ferai jamais cette photo car je déteste viser les gens à l’improviste. J’ai toujours détesté ça, d’aussi loin que je me souvienne. Pourtant, je “vois” le type de cliché que ça donnerait, son intérêt plastique et documentaire. Je sais que je saurais construire l’image, que ça aurait un bon rendu, un bel impact…

Mieux vaut foutre la paix aux gens. Je préfère finalement écrire…

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Rituels de plastique (nord de l’Argentine, 2005)

Dans les provinces de Salta y Jujuy, ainsi que dans la Rioja, les oratoires et les tombes des cimetières sont ornés de bouteilles de soda en plastique. Plus rarement, de bouteilles de vin, de champagne, de vases, etc. C’est en visitant les musées d’archéologie et d’anthropologie de la région que j’ai compris qu’il s’agissait d’un mélange entre les rites funéraires catholiques et la célébration de la Pachamama, la Terre nourricière . Durant le mois d’août, du nord de l’Argentine au Pérou en passant par la Bolivie, les Quechuas et les Aymaras célèbrent en effet la Pachamama en déposant des bouteilles de soda, des cigarettes, parfois des aliments, au creux des nombreux tumulus de pierre ou sur les autels dispersés en pleine montagne. Avant l’ère du plastique, il s’agissait d’offrandes de bouteilles en verre ou de récipients en terre cuite : cultes provenant de l’époque Inca durant laquelle les morts étaient accompagnés par tout ce qui leur était nécessaire pour passer dans l’autre monde. Par exemple des statuettes et des poteries : principalement des contenants.

Coca culte

Aujourd’hui, les autels où les descendants métis des anciens Quechuas et Aymaras célèbrent la Pachamama ressemblent à des dépôts d’ordures, remplis de bouteilles de plastique, ce qui fait rugir les touristes amateurs d’authentique, trop pressés de juger selon leurs critères occidentaux pour comprendre que tous les rites sociaux subissent des évolutions, et qu’à aucun moment de leur histoire ces rites ne sont ni plus ni moins « authentiques » qu’un siècle ou qu’un millénaire plus tôt : ils sont pratiqués, voilà tout. Avec le syncrétisme religieux, l’héritage des Incas et des civilisations antérieures s’est fortement mêlé à celui des envahisseurs européens et ne correspond pas à l’image du « bon sauvage » à la Rousseau que nombre d’occidentaux pressés recherchent quand ils visitent les pays du tiers monde.

La quête de l’ « authentique », toujours… comme si on pouvait effacer la conquista et ses massacres, les villes et les temples incas rasés et remplacés par des cathédrales, les dictatures militaires, ou l’exploitation économique de ces populations par l’Europe et les USA. Le touriste occidental en voyage voudrait s’abstraire de la situation que nos ancêtres et nos modes de vie et de consommation, ont pourtant largement contribué à créer. Mais les bouteilles en plastique des autels de la Pachamama nous rappellent que nous avons fondé un monde où les produits de consommation, les supermarchés et les déchets sont notre seule vérité…

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